Portrait #13 – L’extraordinaire Tiphaine – L’atelier mobile Les Herbes Folles


Nous vous avons partagé les résultats du Monde d’Après. Dans tout ce que vous nous avez dit, vous nous avez parlé de votre envie de ne plus acheter de jetable, de faire vos courses en vrac, et de cette tendance de fond de prendre du temps pour vous, notamment pour faire du DIY ou encore du jardinage… C’est donc pour nous l’occasion parfaite de vous faire découvrir notre nouveau portrait, celui de Tiphaine Fatou qui a créé une entreprise avec des valeurs que nous partageons. Elle défend le mode de vie zéro déchet, toujours avec bienveillance et permet sa démocratisation à travers son entreprise, Les Herbes Folles. Que vous dire de plus, à part : Let’s go !
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Tiphaine, dévoile-nous un peu

qui tu es…

Je m’appelle Tiphaine, j’ai 31 ans et je suis originaire des Hauts-de-France. J’ai créé ma propre entreprise qui s’appelle L’atelier mobile Les Herbes Folles et qui propose des ateliers de sensibilisation aux écogestes à bord d’un camion aménagé. J’ai un parcours plutôt atypique, avant de me lancer dans cette aventure, j’ai travaillé pendant 5 ans, comme médiatrice artistique dans une association. J’ai tout de suite eu l’envie d’allier l’aspect culturel de ma formation en arts-plastiques et photographie à un aspect social. Dans cette association, j’animais des ateliers d’arts-plastiques pour un public fragilisé, en marge de la société et je leur faisais notamment découvrir des salles de spectacles et des pratiques artistiques.

Comment t’est venue l’idée de créer ton entreprise : L’atelier mobile Les Herbes Folles ?

On me posait beaucoup de questions sur comment je fabriquais ma lessive, mes crèmes pour le visage ou remplaçais tel ingrédient pour créer une recette végétale. Je me suis dit qu’il y avait peut-être quelque chose à faire là-dessus et j’ai fait un bilan de compétences. C’est là, que j’ai eu l’ébauche de mon projet L’atelier des herbes folles, même si elle était loin de ressembler à ce qu’est l’entreprise maintenant. J’ai toujours eu cette idée de mobilité, d’aller à la rencontre des personnes et d’ainsi élargir au maximum le champ des publics.

Pour mener à bien mon projet, j’ai suivi une formation en cosmétique maison et une autre en hygiène alimentaire pour compléter mes connaissances et par acquis de conscience professionnelle, notamment quant aux précautions à prendre et les règles d’hygiène à respecter. J’ai expérimenté la cuisine végétale en autodidacte. J’ai voulu renforcer ma formation de base en arts-plastiques en me spécialisant dans le végétal et l’upcycling. En effet, lors d’un stage où je me formais pour animer des ateliers auprès des enfants, j’avais été choquée de voir, qu’à un si jeune âge, on manipulait des peintures et des colles aux ingrédients néfastes pour la santé et l’environnement. J’ai donc appris à faire mon propre papier puis, à produire de la peinture et de l’encre végétales.

Avant de me jeter dans le grand bain, j’ai testé mon entreprise dans une coopérative d’activités : Grands Ensemble, qui m’a servi de filet de sécurité et de tremplin et j’ai également la chance de faire partie du réseau Little Big Women où une marraine m’accompagne, me guide et répond à mes questions de jeune femme entrepreneure. Bien que je sois seule aux commandes de cette entreprise, je me sens entourée.

La démarche éco-responsable, une évidence depuis toujours pour toi ?

Il est vrai que j’ai toujours connu la campagne et les jardins. Mes grands-parents jardinaient pour manger leurs propres fruits et légumes et depuis que j’ai 10 ans, nous mangeons bio à la maison. Une de mes grands-mères préparait aussi ses « potions magiques » comme des cataplasmes, des hydrolats pour la peau etc. Je pense que cette manière de vivre, de consommer m’a marquée et c’est pour cette raison que je continue aujourd’hui sur ce chemin.

Un camion, ce n’est pas trop polluant ?

Pas celui-ci, c’est un camion totalement inédit, qui a été dessiné et conçu spécialement pour moi à Hazebrouck par l’entreprise Hedimag. Habituellement ils construisent des foodtrucks, des bureaux mobiles ou des bars mobiles. C’est un camion roulant au gaz naturel. Le gaz naturel n’est pas encore très répandu comme source de carburant et donc peu facile à trouver. Ce gaz naturel adhère au concept zéro déchet, puisqu’on le trouve de plus en plus sous forme de bio gaz obtenu à partir des déchets ménagers récupérés dans les structures de traitement des déchets mais aussi dans les fermes agricoles.

Les avantages du DIY ?

Il y a trois grands avantages au DIY : Environnemental, Sain et Economique. On réduit son impact sur l’environnement en réduisant sa pollution au sens large (plastiques, nano particules…), en plus vous prenez soin de vous et de votre entourage en décidant de ce que vous intégrez à vos produits. Ainsi vous choisissez de A à Z des produits bruts qui correspondent à vos goûts ou votre type de peau. Au départ, vous pouvez avoir l’impression de dépenser plus d’argent mais finalement, une fois que votre routine s’est installée, vous faites des économies, sur le long terme mais aussi à court terme pour des fabrications comme la lessive.

Un conseil pour les non-manuels ?

Ne pas avoir peur ! Il ne faut pas s’inquiéter, se faire confiance et démarrer petit à petit. Il vaut mieux commencer par des choses simples pour éviter de se décourager. J’ai moi-même une anecdote où je m’étais mis en tête de faire une éponge tawashi (une éponge faite de chaussettes orphelines ou trouées). Au début, c’était assez compliqué ; c’est très manuel et il faut être bien coordonné ; mes éponges n’étaient clairement pas les plus belles mais avec le temps et la persévérance, j’ai réussi à faire une vraie belle éponge ! Pour continuer à rester motivé, on peut se fixer des objectifs comme par exemple une astuce DIY par mois ou une recette par semaine et surtout ne pas hésiter à demander de l’aide. Les enfants sont géniaux pour cela, ils apprennent vite et sont un véritable moteur.

Ta recette favorite zéro déchet ?

En cosmétique, on me demande souvent comment faire du déodorant. C’est très simple : avec de la fécule de maïs, de la cire végétale, du bicarbonate de soude et de l’huile de coco pour ma part, donc peu d’ingrédients et ça fonctionne très bien.

Pour la cuisine, il y a tellement de recettes que j’adore, surtout ce qui est sucré. Je dirais le banana bread, mes pancakes ou mes cookies zéro déchet avec mon lait d’amande maison. Un délice !

Des futurs projets ?

Oui, j’ai plusieurs idées de projets dont une première pour mi-juin qui sera le lancement d’un E-book. Attention je vous dévoile une avant-première ! A l’intérieur, vous trouverez dix ingrédients avec trois utilisations possibles par ingrédient. J’ai aussi commencé une formation en cueillette, pour pouvoir ensuite proposer des ateliers cuisine autour des plantes sauvages. A côté de ça, je vais reprendre aussi un projet dans une école à Roubaix, sur le long terme, qui est en partenariat avec la Condition publique pour lutter contre le gaspillage alimentaire. A la fin de ces ateliers, les enfants pourront repartir avec un petit livret de recettes constitué au fil des ateliers. Et sinon, dans plusieurs années, j’aimerais, pourquoi pas, créer un éco-lieu où plein d’acteurs, des personnes avec d’autres compétences et moi-même, interviendraient.

C’est quoi la Gentle Factory pour toi ?

La Gentle Factory est réellement une chouette entreprise, qui a de l’avenir devant elle. Je pense que de nombreuses personnes ont pris conscience que la planète va mal surtout depuis le Covid-19 et le confinement. Je suis moi-même, d’ailleurs, très sensible à la provenance, la matière et l’équipe qui travaille derrière l’entreprise, avant d’acheter un vêtement. Les valeurs de la Gentle Factory rejoignent celles des Herbes Folles, une entreprise éthique, qui cherche à faire le maximum pour que l’on continue de vivre sans abîmer la planète et sa santé.