Portrait #10 – L’EXTRAORDINAIRE ANDREAS

Pour cet interview exclusif, nous ne sommes pas rendus bien loin … mais dans notre propre lieu de vie : la filature Cavrois Mahieu ! C’est donc directement en bas de notre bâtiment que nous avons rencontré à nouveau Andreas, cet incroyable et étonnant fabricant de cadres de vélos à Roubaix. En plein tour de France, on vous emmène dans l’univers de la bicyclette qui n’est autre que son fantastique atelier, c’est parti !  

| Andreas parle nous un peu de toi, de ton parcours … qui es-tu ?  

Salut à tous ! Je m’appelle Andreas et suis d’origine allemande, je viens de Magdeburg, une ville allemande de 250.000 habitantsDans ma vie, j’ai eu l’opportunité de voyager aux quatre coins du monde. Je suis arrivé il y a seulement 4 ans en France et est vécu auparavant à Berlin, Singapour, Bruxelles et aux Etats-Unis. J’ai commencé à travailler dans le consulting puis dans l’internet mobile et les applications. La passion pour le vélo est toujours restée en moi !  

C’est aux Etats-Unis que j’ai fréquenté une école pour apprendre à faire des cadres de vélo, en 2 semaines j’ai réalisé mon premier cadre. J’ai juste trouvé l’idée géniale ! 

Matthias et Andreas avec une de leur réalisation

| Comment es-tu arrivé ici à Roubaix, dans l’ancienne usine Cavrois Mahieu ? 

 

Quand je suis arrivé en France, je m’étais au préalable constitué un petit bas de laine. La vie a fait que je me suis installé sur Lille. Je connaissais bien entendu Roubaix pour la célèbre course cycliste Paris-Roubaix entre les deux villes du même nom. J’ai alors commencé à chercher un atelier et je suis arrivé ici, dans l’ancienne filature Cavrois. J’étais et je reste le seul cadreur du Nord de la France. Finalement le vélo, c’est un peu la même histoire que le textile et la désindustrialisation, il y avait en effet auparavant des cadreurs partout en France, c’était un métier assez traditionnel. Aujourd’hui on en compte une vingtaine en France, c’est bien moins que chez nos voisins européens.  

Andreas porte notre tee shirt Baptiste Brodé velo

| Comment as tu assuré ton développement ?

 

J’ai réalisé la première année une douzaine de vélos, pour moi et pour m’entraîner. C’est au bout d’un an que les premiers intéressés se sont manifestés. J’ai invité des copains pour être avec un peu de monde en 2017 puis j’ai très vite lancé des stages dans l’atelier pour que les gens puissent se former et créer leur vélo par eux-mêmes. Aujourd’hui je travaille avec Matthias respectivement sur mon 59ième et  60ième vélo. Nous avons chacun nos spécialités, Mathias est très fort sur les roues mais nous sommes tous deux à l’aise sur le cadre, les brasures, …  

| Et cet amour pour la bicyclette, il vient d’où ? 

 

Quand j’étais petit mes parents avaient peu de moyens et j’allais à l’école ou au stade à vélo, c’était bien plus rapide que de prendre le bus. A la fin de l’école, à mes 18 ans, j’ai parcouru 1000 kms pour aller en Hongrie depuis chez moi. J’ai adoré ces instants de rencontres et ces paysages parcourus. Cette façon de voyager m’a tellement rendu heureux que j’ai enfourché à nouveau mon vélo et j’ai été jusqu’à Naples. Je me suis rendu également à Casablanca, c’était un réel défi d’aller sur un autre continent et de faire presque 4000kms. Puis est venu le tour de l’Amérique du Sud avec ce défi de relier Santiago à Terre de feu. Aujourd’hui papa, je pars faire des trajets « courts » : la route des grands Alpes, Lille-Biarritz en passant par les Alpes et les Pyrénées…  

Tester, mesurer, c’est l’utilité de ce drôle d’engin

| As-tu un favori pour cette édition du tour de France 2019 ?

 

Pas forcément, je ne suis pas tellement passionné par ce type de compétitions, je préfère celles dites « libres » à l’exemple de la Transcontinental. L’idée de cette course est de partir depuis la Belgique jusqu’à Istanbul. Cette course à laquelle j’ai eu l’opportunité de participer est différente du Tour de France car on est totalement libre de passer par où l’on veut et l’on choisit son tracé. Il faut juste faire attention de passer par les points de passage le long du parcours. Si j’avais un cycliste à mettre en avant, je choisirais Mike Hall qui est justement le premier organisateur de la transcontinentale. Un homme passionné de cette façon de faire du vélosimple, drôle et équilibré dans sa vie normale.   

Une réalisation en cours

| Qu’est-ce que la Gentle Factory pour toi ? 

 

Je ne suis pas tellement branché mode mais je dirais que c’est en simple une entreprise locale qui prône le made in France et soutient un monde plus vert en utilisant du fil réalisé à partir de coton bio ou de fibres recyclées. 

  

 

| Qu’est ce qui te plaît le plus dans ton aventure ? 

 

A l’époque lorsque je travaillais dans le secteur des applications téléphone j’ai eu l’envie de faire quelque chose de mes mains et de me sentir utile, ça a été aussi ça le déclic qui m’a permis de me lancer dans l’aventure. Aujourd’hui je créer quelque chose de concret pour mes clients qui reviennent parfois vers moi en me disant « c’est le vélo de ma vie ». C’est donc ça ma fierté, avoir su accomplir le rêve des autres. 

 

  

| Qu’est ce qu’on peut souhaiter par la suite pour le monde de la bicyclette ? 

 

 Il faut que le vélo continue à se développer mais de manière bien plus rapide, à l’image d’une ville comme Strasbourg par exemple. Imaginez qu’en Allemagne ou au Pays-Bas, on a construit des autoroutes pour vélos ! Les villes ont besoin de devenir plus respirables et doivent accompagner cette transition. Les entreprises quant à elle doivent s’adapter et proposer des douches pour inciter les salariés à prendre le vélo plutôt que la voiture le matin. Le vélo, en plus d’être bon pour la planète, est bon pour la santé. Tout le monde doit donc s’y mettre pour tendre vers des villes plus propres et une planète préservée. Alors, tous en selle ! 

On espère que ce petit article vous a plus, n’hésitez pas à vous rendre sur le site web et le Facebook de la Fraise Cycles pour aller admirer les réalisations d’Andreas et de Matthias. 😉